Aperçu du marché : Chauffage à la biomasse - Hausse de la capacité des chaudières à granulés de bois aux TNO

Date de diffusion : 2015-09-02

Le climat, la géographie, l’éparpillement de la population et l’infrastructure limitée contribuent au modèle unique de consommation d’énergie dans les collectivités canadiennes éloignées. Ces dernières dépendent largement des importations de produits pétroliers raffinés, principalement le diesel, pour leurs besoins en combustible, ce qui donne lieu à un panier énergétique coûteux et polluant. Des options énergétiques plus économiques et écologiques s’offrent néanmoins aux collectivités éloignées, mentionnons par exemple la livraison de lots de gaz naturel liquéfié (GNL), les sources éoliennes et solaires ainsi que la bioénergie. L’adoption de cette dernière sous forme de granulés de bois pour le chauffage aux Territoires du Nord-Ouest (TNO) est un bon exemple du potentiel que recèlent les énergies de remplacement pour les collectivités éloignées.


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Source : Arctic Energy Alliance

Description: Le graphique ci-dessus regroupe les données sur l’installation de chaudières à granulés de bois enregistrées aux TNO, classées selon l’année d’enregistrement. On observe que la quantité d’énergie produite par les chaudières à granulés de bois enregistrées est passée de 2 MW à plus de 20 MW depuis 2006 aux TNO. Les données sur les poêles à bois et les chaudières à granulés de bois non enregistrées ou enregistrées avant 2006 sont exclues.


Depuis 2006, la capacité des chaudières à granulés de bois enregistrées a augmenté à un taux annuel composé de 34,6 % aux TNO. Cette croissance dénote une tendance davantage bien ancrée qu’émergente. Au mois de mai 2015, 88 chaudières à granulés de bois avaient été installées dans les 33 collectivités ténoises. Environ 10 % des bâtiments commerciaux et presque tous les immeubles gouvernementaux du territoire étaient chauffés à la biomasse. La Wood Pellet Association of Canada a récemment révélé que les TNO consomment actuellement des granulés de bois à raison de 30 000 tonnes (579 térajoules) par année.

Ce type de chaudière, qui chauffe l’eau et les bâtiments en brûlant des granulés fabriqués principalement à partir de résidus des industries de la forêt et du bois de sciage, est alimenté au moyen d’une vis sans fin reliée à un réservoir de stockage. Les chaudières à granulés de bois doivent souvent être utilisées en conjonction avec une chaudière au mazout comme appareil de chauffage d’appoint. En effet, les granulés de bois doivent être brûlés de façon continue pour être efficaces, et la capacité de ce type de chaudière risque de ne pas suffire au plus fort de l’hiver. Pour ces raisons, les granulés de bois comblent généralement 90 % des besoins en chauffage et le mazout sert à pourvoir les 10 % restants.

Un souci d’économies est essentiellement à l’origine de ce mouvement vers la bioénergie aux TNO. Le graphique ci-dessous compare le prix des granulés de bois à celui du mazout de chauffage dans trois collectivités des TNO; on observe que les granulés demeurent compétitifs même dans le contexte actuel où le cours du pétrole est bas. En raison du coût avantageux des granulés de bois et des besoins élevés en chauffage aux TNO, l’utilisation de ce type de chaudière peut se traduire par des économies substantielles pour les utilisateurs. Au reste, les prix des granulés de bois ne sont pas aussi volatils que ceux des combustibles à base de pétrole ou de gaz naturel.


Source et description de la figure

Source : Bibliothèque de données sur les coûts des combustibles de l'Arctic Energy Alliance, juin 2015

Description : Ce graphique compare le prix des granulés de bois au prix du mazout de chauffage dans trois collectivités des TNO au mois de juin 2015, à raison d’un dollar le GJ. On remarque la compétitivité des granulés de bois, dont le prix est inférieur à celui du mazout de chauffage dans les trois collectivités. À Yellowknife, le prix du mazout s’élève à 26,42 $/GJ et celui des granulés de bois correspond à 16,84 $/GJ. À Fort McPherson et à Fort Smith respectivement, les prix du mazout atteignent 43,85 $/GJ et 23,97 $/GJ et ceux des granulés de bois sont de 38,86 $/GJ et 13,89 $/GJ.


Plusieurs autres provinces et territoires canadiens conjuguent leurs efforts pour réduire la dépendance aux produits pétroliers raffinés dans les collectivités éloignées. Le groupe de travail pancanadien visant à réduire l’utilisation du diesel dans la production d’électricité dans les localités éloignées en est un exemple. Le succès des granulés de bois aux TNO pourrait servir de modèle à d’autres collectivités éloignées qui souhaitent réduire leur utilisation de produits pétroliers raffinés au profit d’énergies plus économiques et écologiques.

 

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